29 sept. 2009

Histoire pour voir



Par Matt

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi, bien, et c'est bizarre de vous dire ça parce que là, je meurs... Je n'ai pas très bien compris pourquoi mon heure était venue, ni dans un sens, ni dans l'autre... Mais c'est avec joie que je vous quitte, dans un calme dont je ne soupçonnais pas l'existence jusqu'alors. Mais peut-être faudrait-il que je me présente d'abord.

Je m'appelle Guy Don, et j'ai 32 ans. Très jeune déjà, mon nom m'a permis de réaliser à quel point l'Homme est bon, juste, tolérant et aimable avec son prochain.
La première fois, ce fut lorsque mes parents, non contents de m'avoir affublé d'un prénom pareil, eurent la riche idée de m'offrir un vélo. Le lendemain, mon père m'annonçait que désormais, j'étais assez grand pour aller tout seul à l'école. Le soir même je rentrais, avec un œil au beurre noir bleu comme un schtroumph, et gros comme les fesses de ma maîtresse, madame Brindille (j'ai toujours eu de la sympathie pour elle, peut-être parce que j'avais l'impression qu'elle comprenait mon chagrin...).
Quand mon père me demanda comment j'avais fait cela, je lui répondis que j'étais tombé de vélo. Je ne sais pas ce qui m'empêcha de lui hurler la vérité... De lui dire que toute ma classe avait passé en revue tous les jeux de mots possibles et imaginables, de "guidon de vélo" à "Ah ben guidon", et que le plus balèze de la classe, Anthony, avait conclu ma journée de cours pas un formidable " Regardez les gars, je mets la tête dans le guidon!". Voilà donc d'où venait mon coquard, et d'où vient également mon t.o.c.
Et quel t.o.c !!! Je ne sais pas en quoi cela m'a soulagé, mais depuis ce jour, je ne peux plus uriner normalement. Je suis obligé de courir en même temps.

La première fois ça surprend, (les autres aussi d'ailleurs). J'avais à peine fini d'ouvrir ma braguette que mes jambes se sont mises en marche. Sur le moment, je n'ai pas voulu résister, j'ai voulu sortir des toilettes pour courir, mais mes jambes ont été trop rapides, et je suis rentré violemment dans la porte, sans cesser d'uriner bien entendu.
Ma relation avec le monde extérieur, qui n'était déjà pas facile avant cet évènement, me devint insupportable.
Je vivais donc à l'écart du monde durant toute mon adolescence. Même mon seul ami, Dimitri, avait fini par m'insupporter. Il était le seul à connaître mon t.o.c (à part mes parents, bien sûr), et venait tous les jours me chercher pour aller à l'école... C'était très gentil de sa part, mais seulement jusqu'à ce que la sonnette tombe en panne. Ce jour là, Dimitri avait fini par frapper à la porte, annonçant son arrivée de trois TOC retentissants. TOC! TOC! TOC!
Ce fût trop pour moi, je ne pus en entendre davantage. Se moquer de mon t.o.c, et trois fois en plus! Le bougre! Le pleutre! Le rapacoin! Plus énervé que jamais, je fus pris d'une violente envie d'uriner qui se solda par un tapis taché, une lampe de salon cassée, et des traces sur le mur.
Depuis ce jour je ne suis plus jamais sorti de chez moi, je suis resté chez moi à écrire ma biographie intitulée "La vie du type qui n'en a pas", qui ne sera jamais vendue, jamais publiée, alors je vous en lis un passage... Histoire que tout ça ne serve pas à rien.
"J'aurais aimé être l'inventeur
Du w.c qui court
Pour vivre dans un monde meilleur
Et sans calembours"
J'arrête là, c'est trop triste, je pleure... Je pisse. Et merde!

Morale : Quand les tongs font mal à l'Hobbit, c'est qu'il aurait fallu les enfiler aux pieds...

1 commentaire:

Klowé a dit…

Big up!!
C'est ma préférée.