29 sept. 2009

"IL" l'incompris


Par Klowé

Il était une fois IL.
Il était grand, il était beau, il sentait bon le sable chaud (mon légionairrrrrre....ta gueule!).
En fait, ça c'est ce que lui disait sa mère, (il en faut pour tous les gouts me direz-vous, et peu pour être heureux) toujours est-il que pour un humain normalement constitué (3 nez, 2 têtes, une pour chaque oeil, inutile de vous rappeler l'entière définition de cet animal de compagnie largement répandu) je disais donc que de l'avis du commun des mortels, l'approche était tout autre.
A ceux qui diront de sa mère, à il, enfin à lui quoi, (Qui ça lui? Bah il, voyons! Ah, lui...) enfin à ceux qui diront de sa mère (la mère à qui déjà? Oh ta gueule! mais ça je l'ai déjà dit) qu'il fallait qu'elle soit myope comme une taupe et dotée d'un sévère strabisme à l'oeil droit (ça brouille la 3D) en plus d'être franchement enrhumée des 9 narines (bah oui, 3 pour chaque nez, t'as sauté l'étape calcul mental à la primaire ou quoi?) pour ne pas constater l'effroyable ouvrage de mère nature sur son rejeton, à tous ceux-là je dis:
" c'est pas sa faute elle est née comme ça! "
Il était peut-être d'une laideur à faire se retourner dans sa tombe Claude François, il n'était pas con pour autant.
C'est pourquoi le jour de sa majorité il dit à sa mère tout en finissant de laper ses cornflakes:
" Maman, c'est quoi cette bouteille de lait? "( Ah non ça c'est une autre histoire je pense. Ah bon, tu crois? Ecoute je voudrais pas te contrarier dans ton récit mais il me semble que... Ah bah pardon alors, je recommence.)
" Maman, aujourd'hui même je suis majeur, et ce n'est pas parce que je n'ai que 43 ans que tu ne dois pas prendre mes propos au sérieux. Puisque tu as fait le choix de ne pas me dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité (..je le jure. D'accord, elle était facile) je me voies dans l'obligation de te faire payer le prix pour toutes ces années de mensonges."
Sur ce, il se leva droit dans sa chaise-haute et, défiant du regard sa mère stupéfaite, commit l'incroyable outrage de renverser son bol de lait sur la nappe.
Sa mère, prise de terreur devant cet acte de vandalisme extrême, prit la fuite en sautant dans le vide-ordure.
Dans un dernier hommage, il se pencha au-dessus du conduit et lança cette ultime parole avant d'y ajouter le batteur à œufs en marche: " Ma mère, voici le temps venu, d'aller prier pour mon salut! "
Soudain prit d'un affreux doute à l'idée de ce qu'allait être son avenir prochain sans celle qui avait toujours été à ses côtés pour panser ses verrues, il chancela un peu sur ses tentacules.
C'est alors qu'il aperçut à travers le film opaque que formaient la multitude de crottes de mouches sur la vitre, et que jamais sa mère n'avait prit l'initiative de nettoyer, persuadée qu'il s'agissait du spectre de son défunt mari, un hobbit qui avait pour unique tenue vestimentaire une paire de tongues roses, il aperçut donc son pote d'exclusion Dipsy, le télétubby vert, parachuté de sa planète Houlahop depuis peu, qui lui adressait des signaux, perché sur sa boite aux lettres.
Il le considérait comme son meilleur ami, le seul aussi, mis à part son pote imaginaire Casimir, le monstre gentil, qui lui était apparu à l'âge de trois ans, lors d'une séance de transe provoquée par un bain de bouche au white spirit, sur les conseils avisés en matière de protection de l'enfance du pédiatre que consultait sa mère à l'époque, inquiète au sujet de l'hygiène buccale de son rejeton.
Le cœur remplit d'une soudaine allégresse, il s'élança dehors et fut stoppé net en bas des escaliers par un géant humain.
Fort de ses muscles bodybuildés et reluisants d'huile pour le corps, virilisé par d'innombrables poils de torse qui surgissaient de sa chemise hawaïenne ouverte jusqu'au nombril sur son poitrail bronzé aux UV, et laissant à peine entrevoir un énorme christ en or juché fièrement sur sa croix, le bonhomme ricana:
« Enfin tu oses sortir de chez toi, depuis le temps que je patiente."(dans cette chambre noire, j'entends qu'on s'amuse et qu'on chante...ça va, ça va, pas la peine de taper si fort, je la ferme ma grande g..)
L'homme l'écrasa relativement facilement dirons nous, d'un bref coup de talon rageur, tout en éructant:
" Crève pourriture communiste! "
L'homme repartit satisfait, laissant derrière lui Dipsy dépité mais pas longtemps grâce à ses deux jolis neurones qui se déconnectaient régulièrement, lui assurant une mémoire de la durée de vie de celle d'un poisson rouge, et nous, bien déçus d'assister à une fin aussi brève, car ainsi se termine la belle histoire de il l'incompris.
Mais où sont les larmes de douleur, la souffrance et les cris abominables sous la torture, les entrailles éviscérées qu'on nous avaient promis? Quelle arnaque!

Morale: Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité.

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