21 oct. 2009

Le petit chaperon rouge au bois de Boulogne



par Klowé


Il faisait chaud en cette nuit d'été, une de ces nuits où les marins se mouchent dans les étoiles.
Le petit chaperon rouge, Pablo de son prénom et travelo prostitué de sa profession, fouillait dans ses bottes roses en poils de yéti, à la recherche d'une de ses traditionnelles capotes rouges à la fraise, qui lui avaient d'ailleurs valu son surnom.

Il s'assit sur un tronc et retira la première chaussure. Le fumet qui s'en dégagea lui fit penser qu'il était peut-être temps de se trouver des sandales sans doute plus adaptées à la chaleur saisonnière.
Il se pencha pour retirer la capote enfilée sur son gros orteil (sa cachette favorite).
C'est à ce moment qu'il aperçut, coincée sous le tronc qui accueillait sa croupe enrobée de cellophane: une TONGUE.
"la providence" s'exclama t-il.
Il se mit aussitôt à la recherche de la jumelle de sa trouvaille.

Ne sachant par où commencer, il se résolut à employer la "méthode du flair", qui avait mainte fois fait ses preuves quand il partait en chasse d'un client.
C'est donc en position de combat, fesses en l'air, nez au sol, qu'il engagea la manœuvre.
La tongue dégageait une forte odeur de croquettes pour chien, la piste ne fut donc pas difficile à remonter.
Il s'enfonça rapidement dans les profondeurs du bois, jusqu'à l'entrée d'une petite caverne.

Soudain, un cri strident lui déchira les tympans, malgré les bouchons qu'il avait oublié de retirer de ses oreilles le matin même, et qui lui assuraient un sommeil de plomb, à l'abri des ronflements tonitruants de son voisin de palier, un certain Babar.
Bref, il n'eut que l'infime temps d'apercevoir un nabot vert avec une tige sur la tête lui tomber dessus depuis un arbre, et le saucissonner dans un filet alimentaire, en hurlant à tue-tête son cri de guerre: "Tinki Winki!!"
Il fut roulé sans ménagement jusqu'à l'intérieur de la caverne (qui ironisait avec son paillasson Welcome).

Une fois amené jusqu'au foyer allumé au centre de la pièce, il aperçut l'objet de sa quête maudite...
La deuxième tongue se tenait là, devant lui, fleurant bon la nourriture canine, et scintillant de mille petites perles de sueur.
Elle arborait un pied intensément velu et Pablo manqua défaillir en s'imaginant qu'elle appartenait surement à un diable à képi (une espèce très dangereuse bien qu'en voie d'extinction).

C'est alors qu'il entendit le propriétaire du pied s'esclaffer:
"Ça c'est du beau rôti bien ficelé Tinky, mais t'aurais quand même pu retirer le cellophane avant. Enfin bon t'assures grave, j'ai la dalle."
Cette voix était celle de Lucien Lalipoum de la Grotte, plus rapidement connu sous le nom de "Hobbit en tongues", surement parce qu'il était hobbit et qu'il portait des tongues.
Il embrocha d'un bout à l'autre le petit chaperon rouge, ce qui lui évoqua avec nostalgie les sangliers rôtis des BD d'Astérix (qu'il lisait en cachette dans les toilettes quand il était petit).
Et après lui avoir administré une pleine boite de valium, pour l'assommer et pour le gout, il le mit à cuire.
Sur ce il dansa la macarena en direction de sa cuisine pour préparer la sauce.
Il se tourna vers son compagnon qui se tenait toujours à l'entrée du salon et lui demanda:
"Ben alors qu'est-ce que tu glandes, tu restes planté là où tu viens me filer un coup de main?"
Et l'autre de lui répondre:
"Je pense donc je (te) suis. Mais question à part comment ça se fait que tes pompes elles chlinguent la croquette?"
"C'est à cause du pedigrepal, mais parait que ça rend le poil soyeux."

Ce furent les dernières paroles qu'entendit Pablo avant de sombrer, c'est pourquoi il mourut heureux, satisfait d'avoir pu percer ce terrible secret.

Morale de cette histoire:
Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras because it smells like teen spirit.

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