21 oct. 2009

La vie est mélancolie



Par Marie

La peau me gèle, je retrouve mes contours.
Le froid de l'hiver n'est pas sensé me faire du mal, il est sensé me passer au travers, m'être complètement indifférent mais là ce n'est pas normal, un phénomène surnaturel est en train de se produire, je vois mes mains, mes belles mains que je n'ai pas vu depuis des siècles.
Je suis si seule errant sur terre tel un chien ayant perdu son maitre et qui n'est rien sans lui.
Ce garçon là, je l'ai vu arriver de nulle part, il était l'élu! Mais je ne pouvais pas l'embrasser. Ses mains étaient pourtant présentes mais je ne pouvais pas, la matière de mon corps avait disparue.

Ses mains nues me caressaient
Me voilà prise de spasmes
J'aurais voulu les baiser
Ce n'était qu'un fantasme

Déception.
Je vais me présenter. "Je m'appelle Barbie Turique, je suich une jeune demoiselle quich ach le malch de vivre et pourch cause...."
Mon nom, (en effet le barbiturique est utilisé pour réduire les spasmes...cf encyclopédie encarta) je le dois à mon toc qui très tôt m'a pourri l'existence si je peux encore utiliser ce mot...Ce T.O.C (trouble obsessionnel compulsif) est honteux, chaque fois que je vois une main je dois la baiser. Auparavant pas de problème pour mon T.O.C car cela est très aisé d'assouvir sa pulsion. En effet toutes les personnes normalement constituées ont des mains. Certes les réactions ont parfois été violentes, certaines personnes m'ont donné des soufflets mais celà renforçait encore plus mon besoin de baiser des mains.

Barbie Turique...La vie est drôle quand on sait que l'on s'est donné la mort en avalant du poison; beaucoup trop de poison...On m'a retrouvée ce jour là, morte étendue sur le velours rouge du couvre lit, 58 tubes de barbiturique à mes côtés, morte depuis tellement d'années à l'heure où je vous écris.
Je suis née en 1803 et même après ma mort mon T.O.C persiste. Pour que ma vie reprenne forme, il faut que mon T.O.C soit mis à rude épreuve et je retrouverai enfin mon si beau visage, mes yeux si bleus, si perçants, et mes mains si délicates.

Retrouver ma grâce d'antan, après un siècle et demi à flotter dans l'obscurité la plus totale. Juste un instant pouvoir toucher un homme et l'embrasser...Pouvoir sentir sa chaleur.
Je vous écris de mon petit bureau en noyer, le temps à l'air froid, nous sommes le 18 novembre 2007!

Moralité: c'est pas parce qu'on a un drap sur la tête que l'on a envi de baiser! (les mains bien sur!!)

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